 |
Electronic Art / Ubisoft La publicité s'infiltre dans les jeux vidéo
Arrêtez les recherches, on a retrouvé les grands disparus du paysage publicitaire: les hommes de 18 à 34 ans. Ils sont devant les jeux vidéo, et ceux-ci pourraient fort bien être le prochain grand véhicule publicitaire.
Il fut un temps où les éditeurs de jeux vidéo suppliaient les entreprises de les laisser utiliser leur marque, moyennant de fortes sommes. Cette époque est révolue, selon le directeur général du studio du numéro un mondial Electronic Arts à Montréal, Alain Tascan.
« Avant, pour notre jeu de soccer par exemple, nous allions supplier Nike de nous laisser utiliser leurs chandails pour que ce soit plus réaliste. Maintenant, nous allons les voir et leur dire : Vous avez été bien gentils de nous vendre les droits au cours des dix dernières années, mais maintenant, combien êtes-vous prêts à payer pour ne pas que ce soient des chandails Adidas? »
Marché à développer
Le marché n'en est encore qu'à ses balbutiements. Selon M. Tascan, il n'y a pour l'instant qu'environ 20 M $ US d'investis dans la publicité à l'intérieur des jeux vidéo. Le marché est toutefois appelé à exploser.
« La première chose si on veut vendre de la publicité, c'est d'être capable d'offrir un public captif, et ça, nous savons que nous l'avons », indique le vice-président aux communications et affaires corporatives d'Ubisoft, Martin Carrier.
Signe de belles promesses, la réputée agence Nielsen commencera bientôt à fournir des données sur les retombées des publicités dans les jeux vidéo, comme elle le fait déjà pour la télé, la radio, etc.
Dernier calcul pour les sceptiques : on estime à environ 75 % la part des ménages qui comptent un homme âgé de 18 à 34 ans et qui détiennent au moins une console de jeux vidéo et contrairement à la télévision ou à d'autres médias, ils sont très attentifs à l'écran en jouant, fait remarquer M. Carrier. Ils en ont même mal aux yeux...
Publicités ciblées
La publicité existe déjà depuis un bon moment dans les jeux via le placement de produits, une approche classique aussi couramment utilisée à la télévision et au cinéma.
Dans les deux premières éditions de sa série à succès Splinter Cell, le studio montréalais d'Ubisoft a « subtilement » glissé un Palm Pilot, un téléphone Sony Ericsson ou encore des boissons SoBe. Une nouvelle voie vient par contre de s'ouvrir : les publicités dynamiques.
Des entreprises comme Massive Incorporated ont commencé à établir des ententes avec des éditeurs de jeux, dont Ubisoft, afin de placer dans des jeux des publicités téléchargées depuis Internet, et qui peuvent donc être modifiées d'un passage à l'autre, d'une partie à l'autre.
Mieux, il pourrait être possible à l'avenir de cibler les publicités en fonction des préférences du joueur pour tel ou tel type de produits, tel qu'il l'aurait lui-même spécifié au préalable.
Source : Jean-François Codère, Journal de Montréal 
  
|
 |